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Sedan a donné son nom aux voitures hippomobiles (ou chaise à porteur) «Sedan chair» dont le revêtement intérieur était aménagé en tissu de Sedan. La tradition est restée avec l’automobile. Encore de nos jours, Sedan désigne une gamme de voitures

L'histoire de Sedan

Le Pays Sedanais fut peuplé dès l’époque paléolithique. Le nom de Sedan apparaît pour la première fois dans un texte en 997. Un diplôme d’Othon confirme les possessions de l’abbaye de Mouzon en 1023. Un prieuré est installé sur l’éperon rocheux qui donne son nom à la ville.
Jusqu’au 15ème siècle, la ville est sous l’influence des moines de Mouzon et des évêques de Liège. Elle passe ensuite aux mains des La Marck en 1424 et Sedan devient une principauté.

La principauté de Sedan

Si Evrard de La Marck est à l’origine du premier château en 1424, la souveraineté du Prince de Sedan n’est admise qu’au milieu du 16ème siècle.

Les princes indépendants deviennent protestants après le mariage de Françoise de Bourbon et de Henri Robert de La Marck. La ville devient alors le refuge des artisans protestants, tels que l’imprimeur Jean Jannon ou l’inventeur des émaux Bernard Palissy, qui feront la renommée de la cité.

En 1591, la dernière descendante des La Marck, Charlotte, qui n’a alors que 15 ans, épouse Henri de la Tour d’Auvergne, fidèle compagnon d’armes d’Henri de Navarre, futur Henri IV. En 1594, Charlotte meurt en couches. Henri de la Tour d’Auvergne obtient le titre de Prince de Sedan, duc de Bouillon et hérite de tous les biens de Charlotte. Il consacrera son ascension sociale en épousant en secondes noces Elisabeth de Nassau-Orange.

Considéré comme le prince bâtisseur de Sedan, Henri de la Tour d’Auvergne dote la ville de grands édifices publics, civils et religieux : un temple protestant, un hôtel de ville et une école militaire (l’Académie des Exercices). Il aménage la place d’Armes, renforce les fortifications et dote Sedan d’un plan d’urbanisme rectiligne.

En 1641, la collaboration de Frédéric-Maurice de la Tour d’Auvergne, héritier d’Henri, à la conjuration de Cinq-Mars contre le roi, entraîne la fin de l’indépendance de la principauté, le Prince préférant sauver sa tête et sa liberté.
Son frère, Henri de la Tour d’Auvergne, plus connu sous le nom de Turenne, reste fidèle au roi de France et est nommé maréchal de France par Mazarin en 1643.

Abraham Fabert devient alors gouverneur de Sedan en 1642. Il conserve à la ville ses privilèges et libertés mais incite les protestants à se convertir au catholicisme.

C’est avec le rattachement de Sedan au royaume de France que la ville va connaître son essor industriel.

Sedan et l’histoire de la draperie sedanaise

Après le rattachement, Fabert accorde en 1646 à trois marchands parisiens le privilège de fabriquer des draps noirs comme ceux de Hollande. La manufacture du Dijonval, seule manufacture royale de draps fins en France, est alors fondée.

Après la période troublée de la Révolution, la draperie sedanaise reprend sous le Consulat et l’Empire. Deux industriels jouent un rôle essentiel : Abraham Poupart et Guillaume Ternaux, dont la réussite coïncide avec la mécanisation du travail de la laine.

La guerre de 1870 met un terme à ce bel essor. La fin du 19ème siècle se caractérise par la mécanisation du tissage, qui se concentre en ville. Des usines « modernes » remplacent les petits ateliers de tisseurs à la main des villages environnants. Le textile reste néanmoins à la première place jusqu’à la 1ère Guerre mondiale.

Durant les guerres, les usines sedanaises sont vidées de leur matériel. Au lendemain des deux guerres, la « remise sur pieds » est lente et difficile. L’histoire de l’industrie textile sedanaise se termine à la fin du 20ème siècle.

La particularité du Tapis Point de Sedan

Toujours dans la tradition de l’industrie textile, le Tapis Point de Sedan fera la fierté de la ville. A l’origine le Point de Sedan est un point de dentelle produit aux 16ème et 17ème siècles.
A la fin du 19ème siècle, un grand industriel parisien, Adrien Duquesne, fasciné par les tapis noués à la main dans les pays orientaux, est persuadé qu’il était possible de se rapprocher mécaniquement de cet artisanat. Après l’exposition universelle de Paris en 1889, Adrien Duquesne s’associe avec Henri Gosselin, ingénieur sedanais, pour réaliser une mécanique complexe qui permit une double fixation du point de laine en forme de 8 sur une chaîne et une trame, formant un canevas de lin. Le Tapis Point de Sedan était né et connaîtra une renommée internationale jusqu’à l’arrêt de sa fabrication en 2006.
Afin d’inscrire dans les mémoires cet artisanat unique au monde, la Ville de Sedan s’est rendue acquéreur des métiers à filer, qui n’ont jamais changé depuis le 19ème siècle, et des bâtiments de la manufacture.

Sedan et le souvenir malheureux de la guerre

La Guerre de 1870

Opposant la France et la Prusse, la Guerre de 1870 a été le détonateur qui en 75 ans a bouleversé l’équilibre du monde.
En août 1870, une armée formée en catastrophe à Châlons (en Champagne) prend la route des Ardennes pour empêcher les troupes ennemies de progresser. Après un mois et demi, Napoléon III vaincu, se déclare prisonnier dans la Sous-préfecture de Sedan, avant de signer la Capitulation à Donchery. C’est ce que l’on a appelé la Débâcle de Sedan.
Pour en savoir plus sur la Guerre de 1870, visitez le Musée de la Dernière Cartouche à Bazeilles : www.maisondeladernierecartouche.com

Première Guerre Mondiale

Le 25 et 27 août 1914, a lieu la bataille de Noyers-Sedan. A Sedan, les combats sont très courts par rapport aux quatre années de combats mais la ville sera occupée durant toute la guerre et le château-fort transformé en camp de prisonniers.

Deuxième Guerre Mondiale

En attaquant le 10 mai 1940, en direction de la Meuse, la Wehrmacht exécutait le plan conçu qui se résumait en un mot : « Sichelschnitt », c'est-à-dire le « coup de faux ». En quelques jours, l'armée allemande progresse et occupe plusieurs endroits de la ville et principalement la place Alsace-Lorraine.

Sedan aujourd’hui

De ce passé, parfois fastueux, parfois douloureux, Sedan renaîtra de ses cendres telle la sculpture de l’architecte Jean de Mailly apposée sur un des immeubles construit après-guerre.
Aujourd’hui, la ville opère sa quatrième transformation urbanistique. Un Programme de Rénovation Urbaine a été lancé dans les quartiers de Torcy-Cités, Le Lac et le Faubourg du Ménil pour un meilleur cadre de vie et un habitat à taille humaine. Sedan a été sélectionné au titre du Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés pour une réhabilitation de l’habitat et une redynamisation du centre ville. Depuis plusieurs années d’importants investissements sont effectués : un stade de football de 23183 places, un nouveau centre aquatique, un pôle culturel flambant neuf, de nouveaux équipements sportifs dans les quartiers, des aménagements urbains…